Pourquoi je grossis alors que je mange comme avant ?
Ce que j’observe chaque semaine dans mon cabinet de naturopathie
“Pourquoi je grossis alors que je mange comme avant ?”
Il y a quelques jours, une femme est venue me consulter pour des troubles digestifs (ballonnements, gaz inconfortables) qui la gênaient depuis plusieurs mois. Nous avons commencé à échanger sur son alimentation, son sommeil, son niveau d’énergie, son quotidien.
Puis, au bout de 20mn, la conversation a naturellement glissé vers ce qui semblait finalement être sa préoccupation principale. Elle a marqué une pause, m’a regardée avec un mélange de lassitude et d’incompréhension, puis m’a dit : « Elisabeth, il y a quelque chose que je n’arrive pas à comprendre. Je mange comme avant et pourtant je grossis. »
Cette phrase, je l’entends très souvent. Très très très souvent… Et je suis d’ailleurs concernée depuis maintenant 3 ans.
Elle revient régulièrement dans la bouche de femmes qui n’ont pourtant rien changé de façon spectaculaire à leur alimentation, qui continuent à cuisiner, à faire attention à ce qu’elles mettent dans leur assiette et qui, pour certaines, ont même une hygiène de vie bien meilleure qu’il y a 10 ou 15 ans.
Ce ne sont pas des femmes qui mangent de façon excessive, ni des femmes qui ont totalement abandonné leur santé. Bien souvent, elles ont déjà lu des livres, suivi des conseils nutritionnels, essayé de réduire le sucre, augmenté leur consommation de légumes et parfois même repris une activité physique.
Pourtant, malgré tous ces efforts, elles constatent que leur corps semble avoir décidé de suivre une autre direction !
Le ventre devient plus présent, la balance affiche du +2, +3, +4 en 2 mois, les vêtements tombent différemment, la taille se dessine moins nettement, une sensation de gonflement s’installe. Ce qui est particulièrement difficile à vivre, c’est que cette transformation s’accompagne souvent d’un profond sentiment d’injustice.
Lorsque nous comprenons clairement le lien entre une cause et une conséquence, il est relativement facile d’accepter une situation. Mais lorsque nous avons la sensation de faire les choses correctement et que les résultats ne suivent pas, le doute s’installe rapidement. Beaucoup de femmes finissent alors par penser qu’elles manquent de volonté, qu’elles ne font pas assez d’efforts ou qu’elles ont forcément laissé passer quelque chose.
Pourtant, après plusieurs années de consultations et des centaines de femmes accompagnées, je peux te dire que la réalité est souvent bien différente. Le problème n’est pas toujours dans l’assiette. Le problème est souvent dans ce qui se passe en coulisses (ah la magie du corps 😅).
Le jour où ton corps change les règles du jeu
Ce qui rend cette période de la vie particulièrement déstabilisante, c’est que les changements s’installent de manière progressive. Il n’y a pas un matin où tu te réveilles en te disant que ton métabolisme a changé. Il n’y a pas non plus un événement précis qui viendrait expliquer ce qui se passe. Tout est beaucoup plus subtil évidemment !
Tu commences peut-être par remarquer que tu récupères moins bien après une mauvaise nuit. Puis tu observes que le stress te laisse davantage de traces qu’auparavant (oui toujours le même). Ensuite, tu constates que les kilos pris pendant les vacances mettent plusieurs mois à disparaître (quand ils disparaissent) alors qu’il te fallait seulement quelques semaines il y a quelques années. Puis viennent les envies de sucre en fin d’après-midi, les réveils nocturnes, la fatigue qui s’installe plus facilement, la sensation de gonflement après certains repas ou encore cette impression que ton ventre réagit différemment à tout ce que tu manges.
Pris séparément, chacun de ces signaux semble anodin mais lorsque l’on prend du recul, on réalise qu’ils racontent tous la même histoire : celle d‘un organisme qui est en train de se transformer.
Pendant longtemps, ton corps a bénéficié d’une grande souplesse métabolique.
Il était capable de compenser facilement les écarts, de s’adapter aux périodes de stress, de récupérer rapidement après une semaine chargée. Puis, à partir de 40 ans, cette capacité d’adaptation commence progressivement à diminuer. Non pas parce que ton corps fonctionne moins bien, mais parce qu’il entre dans une nouvelle phase de son existence.
Et c’est précisément là que naît le malentendu car nous continuons souvent à appliquer à notre corps de 45 ou 50 ans les mêmes stratégies que celles qui fonctionnaient parfaitement à 25 ou 30 ans :
- Nous essayons de manger moins
- Nous ajoutons davantage de cardio
- Nous supprimons certains aliments
- Nous cherchons encore plus de contrôle
Alors que le corps, lui, réclame souvent tout autre chose…
Ce n’est pas une question de volonté, c’est une question de physiologie
L’une des croyances les plus tenaces que je rencontre en consultation est l’idée selon laquelle la prise de poids serait essentiellement liée à un manque de discipline alimentaire.
Cette croyance est profondément ancrée dans notre société. Elle est répétée depuis des décennies dans les magazines, sur Instagram et parfois même dans certains discours médicaux simplifiés. Pourtant, lorsque l’on observe réellement ce qui se passe dans le corps féminin après 40 ans, on comprend rapidement que cette vision est largement incomplète.
Car à cette période de la vie, plusieurs mécanismes biologiques se mettent en place simultanément.
Les hormones commencent à fluctuer. La masse musculaire diminue progressivement. Le sommeil devient souvent plus fragile. Le système nerveux porte parfois le poids de plusieurs décennies de stress accumulé. La sensibilité à l’insuline évolue. Les phénomènes inflammatoires deviennent plus fréquents.
Autrement dit, ce n’est pas un paramètre qui change, c’est tout un écosystème.
J’aime souvent comparer le corps à un orchestre. Lorsque tous les instruments jouent en parfaite harmonie, la musique paraît fluide et naturelle. Mais lorsqu’un instrument commence à se désaccorder, puis un second, puis un troisième, la mélodie change progressivement. Aucun musicien n’est responsable à lui seul du résultat final, c’est l’ensemble qui évolue et devient moins harmonieux.
Pour moi, le corps fonctionne exactement de la même façon ! Lorsque les hormones, le sommeil, le stress, la glycémie et la masse musculaire commencent à évoluer en même temps, le métabolisme tout entier se réorganise. Et cette réorganisation se manifeste souvent par une prise de poids ou une modification de la silhouette.
Tu comprends ?
Le facteur dont personne ne parle suffisamment : la perte progressive de masse musculaire
Parmi toutes les explications possibles, il en existe une qui me semble encore largement sous-estimée alors qu’elle joue un rôle absolument central : la diminution progressive de la masse musculaire. Si tu me suis sur Instagram, tu as pu constater que je pratique une activité physique régulière, à raison de 4 à 5 fois / semaine (yoga, marche, vélo, cardio, renfo à la salle et dernièrement boxe 😬 mais j’aime pas me prendre des coups, ça me fait vriller…)
Lorsque l’on parle de poids, la plupart des conversations tournent autour des calories, des sucres ou des graisses. Pourtant, très peu de femmes savent que le muscle constitue l’un des plus grands consommateurs d’énergie de l’organisme.
Même lorsque tu es assise, que tu dors, que tu regardes une série confortablement installée dans ton canapé, tes muscles continuent de consommer de l’énergie pour maintenir leurs fonctions vitales !
Plus tu possèdes de masse musculaire, plus ton métabolisme est actif.
Or, à partir de la quarantaine, nous commençons naturellement à perdre du muscle si nous ne mettons rien en place pour le préserver. Cette perte est discrète, progressive et souvent invisible. Elle ne se voit pas forcément dans le miroir, ne déclenche aucun symptôme spectaculaire et pourtant, ses conséquences sont considérables.
Car lorsque la masse musculaire diminue, les besoins énergétiques du corps diminuent aussi ! C’est un peu comme si le moteur d’une voiture devenait progressivement plus petit tout en continuant à recevoir la même quantité de carburant. Le carburant qui n’est plus utilisé finit par être stocké.
C’est pourquoi certaines femmes ont la sensation très réelle de manger exactement comme avant tout en prenant progressivement du poids. Elles ne se trompent pas et disent vrai. Leur alimentation n’a parfois presque pas changé. Ce qui a changé, c’est la façon dont leur organisme utilise cette énergie ! Et lorsque l’on comprend cela, le regard que l’on porte sur son corps commence déjà à se transformer.
Le stress : le coupable silencieux que personne ne soupçonne
Il y a un autre point commun que je retrouve chez une grande majorité des femmes qui viennent me consulter pour une prise de poids inexpliquée. Elles sont fatiguées. Pas simplement fatiguées parce qu’elles ont mal dormi une nuit ou parce qu’elles ont passé une semaine chargée mais sont fatiguées depuis longtemps.
Certaines portent une charge mentale considérable. Elles gèrent leur activité professionnelle, leur foyer, leurs enfants, parfois leurs parents vieillissants, tout en essayant de préserver un semblant de temps pour elles. D’autres traversent une période de remise en question professionnelle ou personnelle. D’autres encore vivent depuis des années avec un niveau de pression qu’elles ont fini par considérer comme normal. Et c’est là, pour elles, toute la difficulté parce que le stress chronique ne fait pas toujours du bruit.
Il ne se manifeste pas forcément par des crises d’angoisse ou des palpitations comme le stress aigu. Souvent, il s’installe progressivement jusqu’à devenir une toile de fond permanente.
Depuis des milliers d’années, notre organisme est programmé pour assurer notre survie. Lorsqu’il détecte une menace, il déclenche une cascade de réactions destinées à nous permettre de fuir ou de combattre (pupilles qui se dilatent comme le chat qui va attraper la souris, les muscles se gonflent pour passer à l’action “fuir/combattre”, les battements du coeur s’accélèrent…) Bref, à l’époque de nos ancêtres, cette réaction durait quelques minutes ou quelques heures.
Aujourd’hui, le cerveau réagit de la même façon à une surcharge de travail, à une boîte mail débordante, à une dispute, à des soucis financiers ou à une charge mentale permanente.
Le résultat est donc une production répétée de cortisol, la fameuse hormone du stress que l’on a tendance à diaboliser ! À petite dose, le cortisol est indispensable à ta survie mais lorsqu’il reste élevé pendant des mois ou des années, il finit par perturber profondément l’équilibre métabolique.
J’observe alors souvent la même chose : davantage de stockage au niveau abdominal, des envies de sucre en fin de journée, une fatigue persistante malgré le repos et une difficulté croissante à perdre du poids malgré tous les efforts mis en place.
Pour ton organisme, un état de stress permanent n’est pas compatible avec une dépense énergétique importante. Son réflexe de survie consiste alors à économiser, à stocker et à préserver ses réserves. Autrement dit, ton corps n’est pas en train de te saboter, il essaie simplement de te protéger avec les outils dont il dispose.
Quand le sommeil devient un acteur majeur de la prise de poids
Je me souviens d’une femme qui me disait avec beaucoup d’humour : “Je pourrais manger uniquement des brocolis, je grossirais quand même. Et quand juste en regardant une feuille de salade, je grossis !!!”
En poursuivant la consultation, nous avons découvert qu’elle se réveillait 3 à 4 fois /nuit depuis près de 2 ans. Elle pensait que cela n’avait aucun lien avec sa prise de poids. Pourtant, le sommeil est probablement l’un des leviers les plus sous-estimés lorsqu’il s’agit du métabolisme. Lorsque tu dors mal, ton organisme ne se contente pas d’être plus fatigué le lendemain, il modifie également plusieurs hormones impliquées dans la faim et la satiété (ghréline, leptine ça te parlent ?).
- Les envies de sucre augmentent.
- Les signaux de satiété deviennent moins efficaces.
- Le corps recherche davantage d’énergie rapide.
- Les mécanismes de récupération ralentissent.
- L’inflammation augmente.
- Et le cortisol a tendance à rester plus élevé.
Lorsque j’explique cela à mes clientes, beaucoup réalisent soudain que leur prise de poids n’est peut-être pas uniquement liée à leur alimentation. Elles comprennent que leur corps est en train de leur envoyer un message beaucoup plus global. Et c’est justement une des missions de la naturopathie que d’agir de façon holistique.
Le sommeil n’est donc pas un luxe, il est un pilier métabolique. Et vouloir perdre du poids sans améliorer son sommeil revient souvent à essayer de remplir un seau percé.
Pourquoi les régimes aggravent souvent la situation
C’est probablement l’une des choses les plus difficiles à entendre surtout lorsque l’on a passé des années à croire que la solution consistait à manger toujours un peu moins. Pourtant, lorsque je fais le bilan du parcours des femmes que j’accompagne, je découvre parfois 10, 15 ou 20 années de restrictions alimentaires successives 😱😩😭 :
Régime hyperprotéiné (que j’ai moi-même fait il y a plus de 20 ans pour rentrer dans une robe pour un mariage ! quelle bêtise quand j’y pense mais j’étais jeune…) régime sans glucides (impensable !), jeûne prolongé (attention danger !), substituts de repas (tu as connu GERLINEA au chocolat ? Je ne sais même plus si ça existe mais j’ai tenté quand j’avais 15 ans pour avoir un ventre plat…🙈 jusqu’à ce que je comprenne que je n’aurai jamais le ventre plat car ma morphologie n’est pas celle-ci), détox à répétition (on ne meurt)…
Le problème n’est pas uniquement l’échec de ces méthodes, c’est ce qu’elles laissent derrière elles comme conséquences ou séquelles, appelle-les comme tu veux. À force de restrictions, beaucoup de femmes perdent progressivement de la masse musculaire, leur métabolisme ralentit, leur relation à l’alimentation devient plus anxieuse (orthorexie bonjour). Elles alternent contrôle et craquages, culpabilité et compensation.
Le corps finit par vivre dans une forme d’insécurité permanente, or un corps qui se sent menacé cherche rarement à perdre du poids. Il cherche surtout et d’abord à survivre ! C’est pourquoi je préfère toujours parler de reconstruction métabolique plutôt que de perte de poids. L’objectif n’est pas d’affamer ton organisme mais de lui redonner confiance.
Les solutions naturelles qui changent réellement les choses
Lorsque les femmes arrivent au cabinet, elles s’attendent souvent à recevoir une liste d’aliments interdits ou au contraire à privilégier. Elles sont parfois surprises lorsque je commence par parler de lumière naturelle, de protéines, de mastication, d’émotions ou de marche digestive.
Parce que la réalité est que les leviers les plus efficaces sont souvent les plus simples.
Le premier consiste à remettre suffisamment de protéines dans l’alimentation.
Pendant des années, beaucoup de femmes ont appris à composer des repas très légers, parfois constitués uniquement de crudités, de soupe ou de quelques légumes. Ces repas semblent sains mais ils ne permettent pas toujours de préserver la masse musculaire. Or après 40 ans, chaque gramme de muscle devient précieux.
Pour t’aider, je t’invite à lire cet article de blog ici, que j’avais précédemment rédigé sur le sujet.
Le 2ème levier consiste à stabiliser la glycémie.
Je constate très souvent des petits-déjeuners composés uniquement de pain blanc (le pire), de céréales ou de pompotes…. Quelques heures plus tard apparaissent fatigue, fringales et envies de sucre. Un petit-déjeuner plus riche en protéines permet souvent d’améliorer considérablement l’énergie de la journée.
Le troisième levier est probablement celui que je recommande le plus souvent : marcher après les repas.
Cette habitude extrêmement simple améliore la sensibilité à l’insuline, favorise la digestion et participe à une meilleure gestion du poids. Tu n’as besoin de courir, de t’épuiser. 15mn suffisent déjà à faire une réelle différence. Et si tu ne peux pas aller marcher et que tu dois rester assise, alors lève tes talons, baisse-les et relève-les de façon énergique comme ds petits rebonds pendant 10mn.
Tu peux aussi augmenter ton N.E.A.T, je te laisse lire cet article ici, qui en parlera mieux que moi :
Ce que je conseille à mes clientes après 40 ans
Si je devais résumer en une phrase ce que j’ai appris au fil des consultations, je dirais ceci : Ton corps n’a pas besoin de plus de contrôle. Il a besoin de :
- davantage de soutien
- de manger toujours autant mais mieux répartis dans l’assiette et sur la journée
- une activité physique régulière (ça ne veut pas dire sport) pour préserver ta masse musculaire
- compréhension par rapport à ce qu’il traverse
La prise de poids après 40 ans est rarement le résultat d’un seul facteur. C’est souvent l’expression d’un organisme qui tente de s’adapter à une nouvelle étape de sa vie. Lorsqu’on commence à regarder le problème sous cet angle, quelque chose change profondément en nous. On sort enfin de la culpabilité, on arrête de croire que tout repose sur la volonté et on comprend que la physiologie a son mot à dire. Et surtout, on découvre qu’il est possible d’agir autrement qu’en se mettant au régime !!!
A bon entendeur…
En conclusion
J’espère avoir éclairé tes lanternes sur cette question qui te taraude : “Pourquoi je grossis alors que je mange comme avant ?”
Si tu as l’impression de grossir alors que tu manges comme avant, j’aimerais que tu retiennes une chose : à travers cette prise de poids, cette fatigue, ces envies de sucre, ces réveils nocturnes ou cette nouvelle silhouette, ton corps essaie peut-être simplement d’attirer ton attention sur un équilibre qui mérite d’être soutenu autrement. La bonne question n’est donc peut-être pas : « Comment puis-je manger moins ? » mais plutôt : « De quoi mon corps a-t-il besoin aujourd’hui pour retrouver son équilibre ? »
Et c’est précisément là que commence une approche durable, respectueuse et profondément naturopathique de la santé.
Je suis Elisabeth LACOSTE, naturopathe certifiée, experte en régulation du stress et de l’énergie, intervenante en bien-être et performance durable. Si mon approche te parle et que tu souhaites retrouver la forme, le bon poids et la bonne humeur, alors tu sais où me trouver :






