Fatigue de rentrée…
Déjà fatiguée.e en septembre, pourquoi à ton avis ?
Nous sommes mi septembre et pourtant, j’entends déjà beaucoup parler de fatigue autour de moi et dans mon cabinet. La rentrée n’a commencé que depuis quelques semaines, mais certaines personnes ont l’impression d’être déjà arrivées au bout de leur énergie.
Le réveil est plus difficile, le fameux coup de barre de 15 ou 16 heures revient, l’envie de sucre se fait plus présente en fin de journée et il faut parfois se faire violence pour aller au cours de sport que l’on était pourtant ravie de reprendre quinze jours plus tôt.
Et je pourrais difficilement jeter la pierre à qui que ce soit, parce que je connais moi aussi cette tendance à vouloir remettre beaucoup de choses en place en septembre !
J’aime bouger, faire du sport (tu me vois souvent m’activer sur le tapis sur instagram), avoir des projets, remplir mes journées et profiter de cette énergie particulière de la rentrée, que j’adore. Mais avec les années, et surtout avec mon expérience de naturopathe spécialisée dans la régulation du stress et de l’énergie, j’ai appris quelque chose qui me paraît aujourd’hui essentiel : avoir une bonne hygiène de vie ne consiste pas à demander toujours plus à son corps sous prétexte que ce que nous lui demandons est “bon pour la santé”.
Faire du sport est bon pour la santé. Cuisiner est bon pour la santé. Marcher est bon pour la santé. Prendre du temps pour soi, pratiquer le yoga, préparer ses repas, avoir une vie sociale, se lever plus tôt pour avoir un moment au calme… Tout cela peut être excellent. Mais si tu essaies de tout faire en même temps, au milieu du travail, des enfants, des transports, des rendez-vous, des courses et de la charge mentale du quotidien, toutes ces bonnes habitudes peuvent finir par devenir une pression supplémentaire.
C’est souvent là que le corps commence à envoyer quelques signaux. Et plutôt que de les écouter, notre premier réflexe est parfois de chercher quelque chose pour continuer à tenir : une cure de magnésium, des vitamines, une plante adaptogène, un complément “synergie énergie”…
Je ne suis évidemment pas opposée aux compléments alimentaires. Ils peuvent être intéressants lorsqu’ils sont réellement indiqués et correctement choisis. Mais avant de chercher à ajouter quelque chose pour avoir plus d’énergie, j’aime commencer par une autre question que j’utilise beaucoup en coaching : qu’est-ce qui, en ce moment, consomme autant ton énergie ?
C’est souvent beaucoup plus instructif.
La rentrée est un changement de rythme bien plus important qu’on ne le pense
Nous parlons beaucoup de la fatigue de l’hiver, beaucoup moins de celle du mois de septembre. Pourtant, la rentrée représente une vraie période d’adaptation pour l’organisme.
Même lorsque l’on travaille pendant l’été, le rythme est généralement différent. Les journées sont longues, la lumière est très présente, les activités des enfants sont interrompues, les déplacements peuvent être moins nombreux, les week-ends plus spontanés et la pression autour des horaires un peu moins forte. Puis, en quelques jours, tout redémarre.
Le réveil sonne plus tôt, les agendas professionnels se remplissent, les activités sportives reprennent, les enfants retrouvent leurs horaires et leurs activités, les réunions s’accumulent et nous retrouvons très vite ce réflexe qui consiste à caser quelque chose dans le moindre espace disponible de notre emploi du temps.
Le corps, lui, ne sait pas que c’est “la rentrée”. Il perçoit simplement une augmentation des sollicitations auxquelles il doit répondre.
C’est quelque chose que j’observe très souvent en consultation. Une personne vient me voir parce qu’elle manque d’énergie et pense immédiatement qu’elle a besoin d’être “boostée”. Mais lorsque nous reprenons ensemble une journée type, nous découvrons parfois qu’elle se lève à 6h30, gère les enfants, travaille toute la journée, déjeune rapidement, enchaîne avec les courses ou les activités familiales, fait du sport 2 ou 3 soirs / semaine, regarde ses mails une dernière fois à 22h et se couche avec encore 10 choses en tête.
Ça te parle ou pas ?
Dans cette situation, je ne vois pas forcément un organisme qui manque de stimulants. Je vois surtout un organisme qui dispose de très peu d’espaces pour récupérer.
Et la nuance est importante.
Si tu veux aller plus loin sur cette période particulière de l’année, je t’avais d’ailleurs préparé 6 conseils de naturopathie pour une rentrée en pleine forme. Tu y trouveras d’autres pistes autour du sommeil, de l’alimentation, du stress et de l’activité physique.
Avant de vouloir retrouver ton énergie, regarde où elle s’échappe…
C’est probablement l’une des choses qui a le plus évolué dans ma manière de travailler ces dernières années. Je m’intéresse toujours à l’alimentation, à la micronutrition, au sommeil, à l’activité physique et à tous les piliers classiques de la naturopathie, mais je regarde énormément la façon dont la personne dépense son énergie au quotidien.
Parce que la fatigue n’est pas uniquement physique !!!
Il y a la collègue qui t’agace et à laquelle tu repenses encore le soir, le mail auquel tu n’as pas répondu, les notifications qui interrompent ton attention toute la journée, les décisions permanentes à prendre, ce qu’il faut acheter pour le dîner, le rendez-vous médical du petit dernier à prendre, le dossier que tu dois rendre vendredi, la culpabilité parce que tu n’as pas fait de sport depuis quatre jours ou encore le message auquel tu dois répondre depuis 3 jours.
Aucun de ces éléments, pris séparément, n’est forcément dramatique. Pourtant, leur accumulation entretient un niveau de vigilance permanent qui peut devenir extrêmement fatigant (on parle d’hyper vigilance).
C’est précisément pour cette raison que je me suis spécialisée dans la régulation du stress et de l’énergie. Pendant longtemps, nous avons parlé du stress comme de quelque chose qu’il faudrait supprimer. Je trouve cette vision assez culpabilisante et surtout peu réaliste. Nous aurons toujours des périodes chargées, des contrariétés, des imprévus, des responsabilités et parfois de vraies difficultés.
L’enjeu n’est donc pas de construire une vie dans laquelle rien ne nous stresse. L’enjeu est plutôt de développer notre capacité à monter en activation lorsque nous en avons besoin, puis à redescendre lorsque la situation est terminée.
Et c’est justement cette 2ème partie que nous oublions souvent.
Ton système nerveux a aussi besoin de comprendre que l’urgence est terminée
Imagine une journée assez classique. Tu pars de chez toi légèrement en retard, tu rencontres des bouchons, tu arrives au travail avec quelques minutes de retard, tu ouvres ta boîte mail et 15 demandes t’attendent. Tu enchaînes avec une réunion, puis une deuxième. À midi, tu manges rapidement tout en regardant ton téléphone. L’après-midi repart immédiatement et, à 18h, tu quittes ton travail pour entrer dans la deuxième partie de ta journée : courses, enfants, dîner, rangement, organisation du lendemain.
Rien d’exceptionnel ne s’est produit. Et pourtant, à aucun moment ou presque ton organisme n’a eu l’occasion de véritablement relâcher la pression.
C’est pour cette raison que, lorsque j’accompagne une personne très stressée, je ne lui demande pas forcément de méditer 30mn chaque matin. Si elle a déjà l’impression de courir après le temps, lui ajouter une obligation supplémentaire n’est pas toujours la meilleure stratégie.
Je préfère parfois commencer par quelque chose de beaucoup plus petit : créer des espaces de décompression dans la journée. Cela peut être 3 mn de respiration avant de reprendre la voiture, 5mn de marche après le déjeuner, quelques rondes d’EFT lorsque la pression monte, un moment sans téléphone ou simplement quelques respirations lentes avant de commencer à manger.
Cela paraît presque trop simple et pourtant, la répétition compte énormément. Tu apprends progressivement à ne plus attendre d’être à bout pour t’autoriser à ralentir.
C’est aussi pour cela que j’avais créé cet exercice très simple pour calmer son stress en 5 minutes. Il ne fera évidemment pas disparaître la source de ton stress, mais il peut t’aider à introduire ces petits temps de régulation dans une vraie journée, sans avoir besoin de partir méditer 3 semaines au Népal.
Pour moi, la gestion naturelle du stress commence beaucoup plus là que dans la recherche d’une méthode miracle.
Ton sommeil mérite d’être regardé autrement que par le nombre d’heures
Lorsque je demande en consultation : « Comment dormez-vous ? », j’entends régulièrement : « Ça va, je fais mes 7h de sommeil »
Mais 7h passées au lit ne me disent finalement pas grand-chose !!! Ce qui m’intéresse, c’est de savoir comment tu t’endors, si ton sommeil est interrompu, comment tu te sens au réveil, si ton cerveau continue à fonctionner lorsque tu poses la tête sur l’oreiller et si tu as besoin de ton téléphone pour réussir à déconnecter. Tout cela parle de ta fatigue….
Nous avons parfois pris l’habitude de considérer comme normal le fait de terminer la journée épuisée mais incapable de s’endormir parce que le cerveau, lui, refuse de s’arrêter.
Le sommeil est pourtant l’un des premiers éléments que je regarde lorsqu’une personne me parle de fatigue, de stress ou de perte de vitalité. Avant de chercher à augmenter artificiellement ton énergie pendant la journée, il me semble beaucoup plus logique de vérifier si ton organisme a réellement la possibilité de la restaurer pendant la nuit.
Si tu sens que c’est l’un de tes points faibles en ce moment, tu peux retrouver mes astuces naturelles pour retrouver un bon sommeil. Et surtout, ne cherche pas à tout appliquer. Je préfère toujours que tu choisisses une ou 2 habitudes réalistes plutôt qu’une routine parfaite que tu abandonneras 3 jours plus tard.
Et ton alimentation dans tout ça ?
Évidemment, je ne peux pas parler de vitalité sans parler d’alimentation. Mais là aussi, mon approche a beaucoup évolué.
Je vois beaucoup de femmes qui veulent tellement “bien manger” qu’elles finissent parfois par ne plus manger suffisamment. Petit-déjeuner léger, salade à midi, dîner très raisonnable, reprise du sport trois fois par semaine… puis, à 17h, une envie de sucre absolument incontrôlable. Tu vois de qui je parle ?
Et immédiatement arrive la culpabilité : « Je manque de volonté. » Pas forcément. Peut-être que ton organisme réclame simplement de l’énergie parce que tu ne lui en as pas donné suffisamment depuis le matin.
Avant de vouloir supprimer tes fringales, regarde donc ce que tu as mangé avant qu’elles apparaissent. Un déjeuner composé principalement de légumes avec une petite portion de protéines et presque aucun féculent peut sembler extrêmement “healthy”, mais il n’est pas nécessairement adapté à une femme active qui travaille toute la journée et va faire une séance de sport le soir.
Pour soutenir ton énergie, je cherche plutôt à retrouver une alimentation suffisamment nourrissante, avec des protéines, des légumes, des glucides adaptés à l’activité et de bonnes matières grasses. L’objectif n’est pas de créer une assiette parfaite à chaque repas mais d’apporter à ton organisme suffisamment de ressources et d’éviter autant que possible les grandes montagnes russes énergétiques.
Et oui, tu peux manger du chocolat. Tu peux boire un café. Tu peux manger des pâtes. Une bonne hygiène de vie n’est pas une succession d’interdictions. Ce qui m’intéresse, c’est ce que tu fais la majorité du temps, pas le carré de chocolat que tu as mangé mardi à 17h23. Je te parle souvent du 80%-20%. 80% du temps je fais de mon mieux et 20% du temps qui reste, je fais des extras ! Parce que oui, je reste humaine…. Et me prendre trop la tête me fatigue !
La reprise du sport : un excellent exemple du « trop bien faire »pour limiter la fatigue
Le mois de septembre est également celui où les salles de sport se remplissent et où nous décidons parfois de passer de presque rien à trois ou quatre séances par semaine.
J’aime le sport et je suis la première à reconnaître tout ce qu’il peut apporter à la santé physique et mentale. Mais le sport reste une sollicitation pour l’organisme et les bénéfices de l’entraînement dépendent aussi de la récupération qui suit.
Si tu dors mal, que tu traverses une période professionnellement très intense et que tu es déjà épuisée, ajouter quatre séances exigeantes n’aura pas nécessairement le même effet que lorsque tu es reposée et disponible.
C’est quelque chose que j’aime beaucoup rappeler : une habitude peut être excellente dans l’absolu et mal adaptée à toi à un instant précis.
C’est d’ailleurs valable pour beaucoup de choses en naturopathie. Une séance très intense peut te donner une énergie incroyable un jour et t’achever le lendemain d’une nuit de cinq heures. Notre corps n’est pas une formule mathématique et nos besoins évoluent avec notre sommeil, notre alimentation, notre niveau de stress, notre âge et tout simplement notre vie.
J’en parle également dans mon approche du suivi du sportif en naturopathie, parce que l’entraînement n’est qu’une partie de l’équation. La récupération, le sommeil, l’alimentation et la gestion du stress comptent tout autant.
Alors, faut-il faire une cure de compléments alimentaires en septembre pour en venir à bout de la fatigue ?
Peut-être. Mais pas automatiquement.
Le magnésium peut être intéressant dans certains contextes (j’aime particulièrement le magtorine de COPMED soit dit en passant). La vitamine D mérite une attention particulière selon la saison (toujours chez COPMED avec 2000UI / pulvérisation), l’exposition et la situation individuelle. Certaines plantes ou certains micronutriments peuvent également avoir leur place. Mais je me méfie de cette tendance à vouloir associer chaque symptôme à un complément alimentaire.
Fatigue = magnésium. Stress = plante adaptogène. Sommeil = mélatonine. Immunité = vitamine C.
Nous finissons parfois par reproduire avec les produits naturels exactement le modèle que nous voulions éviter : un symptôme, un produit !
Ce n’est pas ma vision de la naturopathie. Lorsque je reçois quelqu’un au cabinet, je préfère comprendre pourquoi l’énergie a diminué. Depuis quand ? Que s’est-il passé à cette période ? Comment la personne mange-t-elle ? Comment dort-elle ? Quel est son niveau de stress ? Comment récupère-t-elle ? A-t-elle augmenté son activité sportive ? Son cycle a-t-il changé ? Y a-t-il eu un événement particulier ? Sur une échelle de 1 à 10, où se situe le niveau de fatigue ?
C’est cette vision globale que j’utilise lors d’une consultation de naturopathie : chercher les leviers prioritaires plutôt que d’empiler des recommandations. Et bien sûr, lorsqu’une fatigue est importante, inhabituelle, durable ou associée à d’autres symptômes, la naturopathie ne remplace pas une consultation médicale. Certaines causes de fatigue nécessitent d’être recherchées par un médecin et éventuellement explorées par des examens adaptés. Pour moi, savoir orienter fait aussi partie d’un accompagnement sérieux.
Après 40 ans, j’ajouterais une question supplémentaire
Chez les femmes que j’accompagne, notamment à partir de la quarantaine, j’aime également regarder ce qui se passe du côté du cycle et de la transition vers la ménopause. Pas parce que tout devient hormonal après 40 ans, loin de là, mais parce que la périménopause peut s’accompagner de changements dans le sommeil, la récupération, l’humeur, le cycle menstruel ou la perception de l’énergie.
Certaines femmes ne font pas immédiatement le lien parce qu’elles ont encore leurs règles et imaginent que la ménopause est un événement qui arrive brutalement autour de 50 ans. La transition est pourtant progressive et peut se manifester de façons très différentes d’une femme à l’autre.
C’est donc une piste que j’intègre dans une réflexion beaucoup plus globale. J’en parle également dans mon approche du suivi de la femme en naturopathie.
Là encore, je refuse les recettes universelles. Une femme de 45 ans qui dort parfaitement, mange suffisamment, récupère bien et traverse une période professionnelle tranquille n’a pas les mêmes besoins qu’une femme du même âge qui se réveille plusieurs fois par nuit, court toute la journée et vient de reprendre quatre séances de sport. L’âge ne fait pas le diagnostic. Le contexte compte.
Ce que je te conseillerais réellement de faire cette semaine
Si tu te reconnais dans cet article, que tu sens la fatigue depuis la rentrée, je ne vais surtout pas te donner une liste de 15 nouvelles habitudes. Ce serait assez contradictoire avec tout ce que je viens de t’expliquer.
Pendant une semaine, j’aimerais plutôt que tu deviennes observatrice de ton énergie.
- Le matin, demande-toi simplement comment tu te sens au réveil. Pas comment tu devrais te sentir, mais comment tu te sens réellement. Tu peux même noter ton niveau d’énergie sur 10.
- Observe ensuite ce qui se passe au cours de la journée. À quel moment ton énergie chute-t-elle ? Après le déjeuner ? Vers 17 heures ? Dès le matin ? Est-ce différent les jours où tu fais du sport, après une mauvaise nuit ou les jours où tu n’as pas pris le temps de faire un vrai déjeuner ?
- Regarde aussi comment ton corps réagit au stress. Certaines personnes ressentent immédiatement les tensions dans le ventre, d’autres serrent les mâchoires, ont le cœur qui accélère, deviennent irritables ou ont soudainement envie de manger. Plus tu identifies rapidement tes propres signaux, plus tu peux intervenir avant d’arriver au stade où tu n’en peux plus.
- Enfin, choisis une seule action à modifier cette semaine pour lutter contre la fatigue. Te coucher 30 minutes plus tôt, prendre un vrai déjeuner, sortir marcher 10 minutes à midi, ne pas consulter tes mails après une certaine heure, remplacer une séance sportive intense par quelque chose de plus doux ou prendre 5 minutes de calme avant de rentrer chez toi.
Une seule action mais choisie en fonction de ton principal point de fuite énergétique.
Alors, avant de refermer cet article, je te laisse avec une question.
Si tu devais identifier aujourd’hui une seule chose qui te fatigue sans réellement t’apporter de l’énergie en retour, laquelle serait-elle ? Et surtout : qu’est-ce qui t’empêche encore de lui donner un peu moins de place ?






